« Intime : Qui se situe ou se rattache à un niveau très profond de la vie psychique; qui reste généralement caché sous les apparences, impénétrable à l’observation externe, parfois aussi à l’analyse du sujet même. »

http://www.cnrtl.fr/definition/intime

Ma pratique est une « zone autonome temporaire ». Elle émerge de lieux de liberté intime, d’un état de groundlessness, du risque de l’in-connu dans son sens le plus large. J’y intègre des aspects rituels, l’état méditatif, de présence. La recherche d’un langage pour me relier à l’autre.

L’oeuvre créée possède sa cohérence, son organisation, son propre système construit selon les impératifs qui la portent : ceux des matériaux, des méthodes, de l’artiste et de ses collaboratrices, du spectateur, de l’époque.

J’habite l’état créateur comme une expérience reliante, une mise en abyme de soi. À la polyphonie de méthodes : fragments, artefacts, gestuelle de l’écriture manuscrite, comme des systèmes enchevêtrés, s’intègrent différentes formes d’expression, du poème au land art, à l’intérieur desquels existe un dialogue, une cohérence.

Je travaille avec la qualité de non-fini, « d’en devenir ». J’observe la maturation de l’oeuvre en train de se faire, comme le paratexte de ce que je suis et de ce qui me permet d’exister. Ces propositions sont en relations singulières avec mon expression, avec les gestes que je pose, comme en résonance de l’intimité.

Les liens, la présence de l’autre, créent une tension, une énergie créatrice où l’oeuvre existe en tant qu’objet et aussi dans l’expérience de la relation entre soi et l’oeuvre, entre soi et les autres. Comme une approche horizontale qui me permet d’aller vers l’inéprouvé, d’expérimenter l’altérité.